vendredi 23 mai 2008

Attention les loups !

Ils arrivent en septembre !

je ne voulais pas faire une suite aux monstres mais...les loups ont insisté pour que je parle d'eux

et puis les dessins de Roland Garrigue me font trop rire !


retour de Valenciennes. salon Festi-livres Nord

je pensais que la réputation des gens du Nord, et particulièrement de ce salon, était un peu exagérée mais non !
c'était chaleureux et très bien organisé. La passion des professeurs et des documentalistes porte ce festival, le rend très vivant.

les élèves du collège Eugène Thomas m'ont impressionnée par l'incroyable travail qu'ils ont fait sur Rock de Lou et ceux du lycée professionnel de Trith par leur intérêt, leurs questions pertinentes et leurs lettres à Lou.

les jeunes quatrième et troisième d'Eugène Thomas ont dansé le rock, écrit des poèmes, mis en scènes des dialogues subtils (par exemple Lou malade qui parle à Lou en bonne santé), créé de beaux diaporamas, récrit l'histoire du point de vue de l'ordinateur (pris en photo customisé par leur soin) chanté avec leur professeur à la guitare....J'étais scotchée !

un très grand merci à eux et à leurs professeurs ! c'était une belle émotion, je ne l'oublierai pas.

Un tel travail en profondeur laissera surement des traces durables chez tous ceux qui y ont participé, il m'inspirera pour les livres à venir.

lundi 12 mai 2008

Comme un poisson dans l'eau

ou dans l'air ?

la bulle d'un silence blanc comme un soleil

un beau jour pour nager

une photo d'angelle


vendredi 9 mai 2008

Message dans la nuit

J'ai trouvé un message ce matin en allumant mon ordinateur, à mon réveil. il faisait encore nuit et déjà jour avec ces mots. Les éditions Où sont les enfants ? allaient publier l'Air libre !

Un texte court qui me tient à coeur, un de ceux ou j'avance dans la langue.

Merci à OSLE de parier encore une fois sur un OVNI, d'inventer des livres qu'on a jamais vus (Objet Vivant Non encore Inventé ?) d'ouvrir des chemins dans le monde formaté, de ne jamais renoncer, de chercher toujours, d'images-iner ...

jeudi 8 mai 2008

Nouvelles des romans

Je pars la semaine prochaine pour trois jours à Valenciennes, dans le cadre de Festi-livres Nord (ou Rock de Lou a été sélectionné) Expérience nouvelle...

Après avoir donné lieu à des débats et des tournages de film par les lycéens Suisses, Rester vivante vient d'être sélectionné pour le prix des lycéens allemands. Quelle chance que le livre voyage ainsi ! (et moi sans doute avec !)

Un enfant parle de Litli

Lucien, 8 ans, a écrit un article impressionnant sur Litli. Vraiment, bravo Lucien!

l'article

Vives présences

Quelques portraits de Philippe Dumontier, l'un de mes compagnons de voyage.

Comment oublier ces visages ?

















jeudi 1 mai 2008

Ailleurs

Brr...fait pas chaud ici...surtout après deux semaines dans un pays très beau, très chaud mais vert, foisonnant, avec de l'eau partout...

Coeur Je reviens du Vietnam . C'était magique et émouvant

Surtout pour le sourire, la fraicheur et la spontanéité des habitants.
Nous sommes allés dans des villages qui n'avaient presque jamais vus de touristes, leur accueil a été exceptionnel. Je me suis sentie très bien là-bas, un vrai coup de coeur.

j'ai retrouvé aussi les atmosphères de Duras, le clair obscur des maisons de bambous, le Mékong...
























Un voyage, tant d'images...

























là-bas, encore un peu...





jeudi 10 avril 2008

Une photo de Sylvie Bonnet




Noir, rouge et blanc
la ville sur les épaules
mais le coeur résiste

Albane Gellé

Coeur pour les textes d'Albane Gellé.


Un bruit de verre en elle

un homme il ne dit rien il est perdu de toute façon on n'entend pas quand il parle il est assis par terre et ses gestes on dirait qu'il ne connait rien de ses gestes il sait quelques mélodies démodées et très connues qui font des tremblements de terre dans son ventre c'est tout ce qu'il connait de lui ces secousses dont il sort tellement étonné au fond il peut se lever quelquefois il se met debout pas souvent aujourd'hui il est assis il écoute un arbre et le chien attaché à l'arbre pour un peu on le prendrait pour l'arbre ou pour le chien à cause du silence entre les trois si une femme venait elle ne verrait que les gestes de l'homme et ça ferait un bruit de verre en elle mais on ne peut pas savoir ce qui se passerait vraiment on ne sait rien des choses qui n'arrivent pas.


les présences de Litli

Des mots, encore de très beaux mots pour Litli, qui en a si peu. Ils l'accompagnent avec tant de douceur...
les différents articles des libraires viennent incarner pour moi les présences que rencontre Litli à la fin de son voyage.

Journal d'un libraire

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Litli & Severine au milieu de nulle part, en Islande
C'est un libraire de Lyon Le journal d'un libraire est en ligne.

« Le titre d'abord : "Litli soliquiétude". Litli veut dire "petit" en islandais. Soliquiétude : "un état de solitude voulue pour approcher du sentiment de la tranquilité douce de celui qui marche, et fait naître le monde en chemin." Après le titre et sa signification (très intéressante non !?), la page du titre avec sous celui-ci la photo d'une cabane bien singulière. On y arrive par une rampe, par un petit pont, elle est adossée à un arbre en pleine nature, sans doute l'endroit où l'on pourrait gôuter à la vie la plus simple et la plus riche. Quel rapport avec le reste de l'album ? A voir... L'album débute sur une petite chambre magnifique en noir et blanc, incroyable de finesse, de minutie, de goût. Dans son lit, une poupée, un petit personnage. Juste une couleur au mur, la photo d'un paysage magnifique et antédiluvien. C'est le réveil. "Tu marches toujours sur les mêmes lignes". Lignes de pavés disjoints, on continue dans le noir et blanc. Ce petit être a tout le charme d'une histoire sans fin. Quand on est lyonnais, on distingue derrière les Subsistances et les bâtiments qui l'entourent mais on s'en fout un peu de ça. "De l'air entre les pavés". Une phrase énigmatique et fortement symbolique: "Si tu regardes longtemps, même une pierre finit par s'ouvrir." Le texte, très sobre est de catherine Leblanc. Commence donc une fable à la fois très symbolique et très lumineuse. Un éveil. On peut ouvrir les pages en grand et même une chute vertigineuse entre les mêmes pavés ne nous fait plus peur. Nous sommes au seuil de quelque chose. "Là-bas grandit ce que tu ne connais pas." Nous étions au seuil d'un autre monde, pas si loin, sous nos pieds. Cet autre monde vient du fond des âges, grandiose, magnifique, sauvage. "Tu peux aller là où commence le bleu." Juste le vent, la terre vivante. "Regarde, tu fais naître le monde." La naissance à autre chose, l'éveil à la vie, franchir le pas d'une vie, de la 1312576498.jpgcréation. Un récit initiatique dont la lecture est presque écrite en nous, au fin fond ou déjà à la surface du monde et des choses. La plus grande simplicité donne parfois la clé pour nos vies souvent enfermées, stériles. Je vous rassure, c'est bel et bien un livre pour enfant, mais pas n'importe lequel et pas le énième: un petit chef-d'oeuvre! Dernière page, la lumière du jour pénètre dans la chambre colorée cette fois que nous avions vue au début. Ne reste plus au mur en noir et blanc que la photo au début, elle seule colorée. Ce voyage est terminé, sans doute amené par la clarté du jour qui pénétre dans la chambre (et un voyage en Islande pour l'auteur). Litli a été récupéré un jour par Séverine Thevenet qui nous donne cette histoire en images (en photos). Elle veut rendre visible l'invisible, c'est réussi. Catherine Leblanc, auteur du texte, dit de manière très touchante :"Plus je grandis, plus j'écris pour les petits." C'est une première, le libraire est un peu "illuminé" par ce livre. Alors prenez vraiment le temps de le lire en ayant fait un peu de vide avant, si vous en avez l'occasion, ne passez pas à côté comme on le fait trop souvent avec les choses essentielles... »


mardi 8 avril 2008

Viens, on va chercher un poème

Bel article hier sur le site de Citrouille. C'est important car en ce moment, les temps sont durs pour les livres.


Viens, on va chercher un poème - Catherine Leblanc
  • Catherine Leblanc
  • Illustrations Olivier Thiébaut
  • Sarbacane - 13,90 €

Un poème est libre, un poème ne s’achète pas, un poème donne de l’air, un poème est là où on l’attend le moins, un poème est infini… Le poème, la poésie rend la vie et la ville plus belle. Et c’est dans une ville imaginée par Olivier Thiébaut que, de page en page, nous partons sur les traces d’un poème. Des petits bonshommes de bois, quilles, tricotins et joueurs de baby-foot, des ombres de papier sorties des livres d’hier et des histoires de toujours habitent un décor d’objets assemblés, de découpages collés et colorés, pour nous aider à débusquer la poésie qui peut être partout à condition d’ouvrir grand les yeux. Les textes de Catherine Leblanc, subtile romancière pour la jeunesse, ouvrent une brèche dans le train-train quotidien afin de l’aiguiller sur les rails de l’imaginaire.

Carole Aillaud, Le Rivage des Livres

vendredi 4 avril 2008

et aussi un nouveau commentaire sur Litli

sur le blog de gawou la libraire

Parution de Comment ratatiner les monstres?

Comment ratatiner les monstres?





par Catherine Leblanc et Roland Garrigue
éditions Glenat

des gros, des petits, des bizarres, tous coriaces à ratatiner...

jeudi 27 mars 2008

Parution d'Un père encombrant









Oskar

Dès 8 ans





Un résumé dans l' article sur Choisir un livre


Litli Soliquiétude

Quel bel article vient d'écrire Simon Roguet, libraire à Laval ! ça illumine ma journée !

Litli soliquiétude

449859550.jpgLitli soliquiétude

Photographies de Séverine Thevene

Texte de Catherine Leblanc

Où sont les enfants ? - 24 €

Il est pourtant difficile de faire rêver avec des photographies. Bien souvent l’implacable exactitude du regard photographique heurte l’imaginaire et rend difficilement accessible ce type de projet. Avec Litli soliquiétude, Séverine Thevenet et Catherine Leblanc réussissent avec brio ce beau pari.

Les images de Séverine Thevenet, tout d’abord, sont remarquables. A la fois marionnettiste et photographe, cette jeune artiste joue parfaitement des deux arts pour mettre en vie sa petite marionnette Litli. Son travail photographique est remarquable. A la fois à l’aise dans le noir et blanc et la couleur, on peut ressentir tout le plaisir qu’elle a éprouvé à réaliser ces images. Ce projet a sans doute été pensé pour fonctionner tout seul et cela se sent. La narration des images est parfaite et poétique. L’histoire est facile à suivre et tout de suite on a envie d’accompagner Litli dans son voyage. On passe du noir et blanc à la couleur, du quotidien au voyage comme si les paysages d’Islande révélaient la vraie couleur de la vie pour Litli.

On aurait pu se contenter de ce travail photographique. Cela aurait été un très bel album. Mais il a été choisi d’y rajouter un texte. Et on ne le regrette absolument pas. Le travail de Catherine Leblanc pour ce livre est admirable. Tout en retenue, tout en discrétion, un véritable travail d’orfèvre pour se mettre au service des images. C’est poétique et extrêmement efficace.

Au final, le livre n’en est que meilleur. Et il vous donne une vraie bonne envie de voyager vous aussi…


samedi 15 mars 2008

Adrienne Pauly

CoeurJ'aime bien comme elle chante, Adrienne !

Une voix, une présence, de l'humour, du punch !

Chaque chanson est incisive et ironique, très réussie.






mercredi 12 mars 2008

Litli sur le site D'où sont les enfants avec l'article de Madeline Roth

Le mot «petit» en islandais

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Litli est le dixième livre d'Où sont les enfants ?. La dixième aventure. Avec ce drôle de mot, soliquiétude, qui mélange la solitude à la quiétude, le silence à la sérénité. Litli veut dire « petit », en islandais. C'est un petit bonhomme, dans une ville en noir et blanc, qui « marche toujours sur les mêmes lignes ». Mais il y a la couleur, ailleurs, sur les murs de la chambre et bientôt sous ses pas. « Si tu regardes longtemps, même une pierre finit par s'ouvrir ».

Un livre – un beau livre – c'est un voyage. On laisse les villes, et les pavés, et l'habitude et on « fait naître le monde », ailleurs. Les mots de Catherine Leblanc s'effacent lorsqu'il n'y a rien à dire de plus que ces géants dans le paysage. La dernière image montre Litli dans une chambre en couleur. La photo au mur est en noir et blanc. Entre la première et la dernière image, Litli a trouvé. Ce que l'on ne trouve peut-être que dans l'ailleurs et la solitude, ce que l'on ne trouve peut-être qu'en dehors de soi. L'invisible ?
Madeline Roth
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Les formes remontent du fond des âges





Viens, on va chercher un poème

un article sur Ricochet

http://www.ricochet-jeunes.org/parudet.asp?livrid=36005

lundi 10 mars 2008

Touché



j'ai reçu tout à l'heure un mail d'une amie qui est passé à Coaraze, avec ces photos

des nouvelles d'un livre, comme une carte postale d'un enfant perdu

il continue à vivre sa vie, loin...

vendredi 7 mars 2008

Où sont les enfants ?

Trop touchant l'article de Tieri ! (mais le "trop" aide pour les jours "sans ")

Dans la langue des enfants

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Catherine Leblanc écrit des récits, des poèmes dans la langue des enfants. La simplicité se conquiert, elle n'est pas donnée d'emblée m'écrivait-elle tout à l'heure. Et je sais qu'elle a raison. La simplicité est un travail périlleux pour les écrivains, une façon de retirer ses vêtements et d'avancer nu dans une foule qui s'est parée de vêtements séduisants. Face à la langue technicienne des journaux, face aux langues de séduction et de camouflage qu'on parle tous les jours, l'écrivain véritable est celui qui continue de parler et d'écrire à voix nue.
Dans tous ses livres Catherine continue ce travail élémentaire, primordial, elle y parle à voix nue. La simplicité dont elle parle, d'accord avec elle, elle se conquiert page après page, mais je sais qu'elle existe et scintille depuis longtemps à l'intérieur de son écriture. C'est elle aussi que je cherche chaque fois que je reviens lire ses textes. Et parce que c'est le printemps des poètes, Catherine signera ses livres à La Luciole, la librairie Sorcière qu'on trouve à Angers, rue des Poëliers. J'y suis allé hier porter Litli, curieux aussi de découvrir une librairie jeunesse où je n'avais pas encore mis les pieds.
Sur la vitrine était affiché un poème de Catherine, le texte d'un album qui vient de paraître aux éditions Sarbacane : Viens, on va chercher un poème. Le titre à lui seul est déjà une trouvaille, une révolution qu'on pourrait commencer aujourd'hui pour changer vite, c'est urgent, la vie des enfants qui n'en peuvent plus de ces vies qu'on leur donne. Imaginez : Allez venez les enfants, aujourd'hui c'est pas pareil, aujourd'hui on va chercher un poème ! Et la vie change, celle des enfants, celle des parents, la vie des gens.
Dans la vitrine de la Luciole sont affichées des phrases comme « Il n'est pas facile à trouver, perdu dans la foule.» ou encore « Est-ce que c'est un poème qui boitille en parlant tout seul ? Pourquoi pas ?» J'y suis allé. Les phrases je les ai vues et la rue des poeliers n'était déjà plus une rue marchande comme les autres, il y avait de la poésie en travers, les mots de quelqu'un qui écrit à voix nue.
Allez-y voir, lire et relire. Vous verrez. C'est devenu un phénomène dans le boucan obligatoire, face à la surenchère des discours énervés : quelqu'un qui écrit à voix nue.

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http://ousontlesenfants.hautetfort.com/

Une pause

petite promenade sur une table, esprit d'enfance, trois minutes ailleurs...



video

jeudi 28 février 2008

Viens, on va chercher un poème..

Une promenade en pleine ville, à la recherche d'un poème...

illustrée par les très belles compositions d'Olivier Thiébaut

http://www.editions-sarbacane.com/nouveautes.htm

samedi 23 février 2008

Litli


Il est arrivé !

Je viens de toucher l'album, de l'ouvrir...
Il est superbe.

Le regard de Litli s'ouvre à la couleur. L'impression a préservé toutes les nuances. L'invisible apparait.

Les lettres et la photo sont "gravées" dans la couverture de carton et de tissu. C'est un très bel objet pour des curieux, pour des rêveurs, pour des chercheurs...

Un vrai livre d'images. Entre quelques phrases, il y a toute la place du rêve, l'énigme de ces personnages qui apparaissent, au lecteur de s'inventer sa réponse....

Ce fut un lent travail de mise au monde mais ce livre va m'accompagner longtemps.


Il sera en librairie bientôt. Vous pouvez en découvrir quelques pages sur le site d'Où sont les enfants ?

Séverine Thévenet parle de son voyage, voyage en Islande et voyage intérieur :

http://ousontlesenfants.hautetfort.com/


lundi 11 février 2008

Plaisirs et pièges de la publication


Et la publication ? (suite au message ci-dessous)

La publication est importante pour soutenir cet effort singulier. Sans elle, au bout d’un moment, écrire parait absurde et vain.

Que le livre existe, circule, permet de se détacher d'un travail, de le boucler, de s'appuyer sur cette étape pour aller plus loin.

La publication relance l’écriture grâce à l’énergie des lecteurs. Il m’est arrivé une fois de rencontrer une lectrice qui aimait « tout ce que j’écrivais », ce qui est exceptionnel car je fais des recherches dans des voies diverses qui peuvent être déroutantes. Voilà une rencontre « d’esprit à esprit » comme on dit dans le zen, qui encourage. Chaque petit moment où l’on a la sensation de toucher un lecteur donne un sens au travail.

La publication est risquée aussi, elle peut infléchir l’écriture. Si le plaisir d’être publié devient plus important que le plaisir d’écrire, il existe un danger d’adapter ses textes ou de produire pour produire ou de ne pas attendre suffisamment la maturation du livre.

(C’est complexe car pour moi, c’est aussi dans l’adresse à l’éditeur que l’écriture s’approfondit. Souvent, une fois que je sais que le texte va être pris dans une maison d’édition, j’ai de nouveau envie de le retravailler).

L’aspect financier compte aussi, il peut entraîner une soumission aux impératifs commerciaux. Je préfère avoir moins de temps pour écrire et un revenu salarié pour ne pas dépendre des publications pour vivre.

« Le service après-vente » sollicite aussi l’auteur et détourne du temps (déjà court !) qui reste pour écrire. J’évite autant que possible…

L’étrange dans la publication, c’est qu’au moment ou le texte parait, je n’y suis plus, ce n’est plus « moi », j’ai changé, je suis ailleurs déjà, je n’écrirai plus les choses de la même façon et il faut justifier ce texte passé….

Il est inerte pour moi désormais, contrairement au texte vivant en train de s’écrire, il me parait étranger.

Lacan parlait de poubellication.

Le livre chute au milieu de tous les autres livres, se perd, devient ridicule, un tout petit objet vite oublié, passé au pilon.

C’est la ponctuation d’un moment, mais tout bouge, tout change, c’est ailleurs qu’il faut chercher.

Voilà, les petites réflexions du jour…

Les 3 bonheurs de l'écriture


Ta question, Tieri (voir commentaires pour On va chercher un poème) est intéressante mais difficile... En y repensant, elle me fait percevoir les trois bonheurs de l’écriture

Parfois, je cherche longtemps et aucune idée ne vient. Je reste avec un désir d’écriture lancinant et sans contenu. Parfois, (mais c’est peut-être le résultat de l’attente préalable) sans que je cherche, une phrase surgit. C’est le point de départ de mes textes, une phrase. Les mots d’abord, toujours, s’assemblent entre eux et entraînent l’idée. Je n’écris pas à partir d’un sujet, j’écris à partir de ce qui me traverse, des mots qui me viennent, avec leurs couleurs et leurs sonorités particulières. Ils m’apparaissent souvent comme la voix d’un personnage. Cette première phrase, c’est le premier bonheur de l’écriture. (d'ailleurs partir des mots et non d'un sujet me situe plus du côté des poètes que des romanciers.)

Ensuite le texte se déploie (souvent assez brièvement chez moi ! ) je cherche alors à en savoir plus sur le personnage, sur l’atmosphère liée à la première phrase. Tout peut s’arrêter au bout de quelques lignes, de quelques pages. Quand je découvre brusquement vers quoi va mon texte. C’est le deuxième bonheur de l’écriture, peut-être le plus grand. Le mouvement du texte apparaît, ce qui était indistinct trouve sa forme. Ce qui cherchait à se dire se canalise, devient transmissible.

Le troisième bonheur, c’est de retravailler l’écriture. J’aime cette activité artisanale, ce contact avec les mots, ce travail de précision (pour moi, c’est au fur et à mesure de l’écriture et à chaque relecture ensuite) Je ne suis plus devant le vide, c’est une matière à peaufiner, elle existe.

Pour « On va chercher un poème », j’avais d’abord écrit un autre poème, plus long, plus complexe, plus difficile à écrire mais peut-être pesant finalement et puis, rapidement est venu ce petit texte, plus simple, plus léger, plus direct, comme un condensé du travail antérieur.

le titre vient en cours d'écriture, généralement à la fin, jamais au début. il est souvent extrait d'une phrase du texte qui m'apparait en donner l'esprit

Tout cela est peut-être différent pour toi ?