lundi 12 septembre 2011
Que vont devenir les textes ?
lundi 5 septembre 2011
Le texte est terminé maintenant. Place aux dessins !
L'album paraîtra au premier trimestre 2012, toujours chez Ptit Glénat, mais pas dans la série des ratatiner.
Le travail d'un album est particulier : le moins de mots possibles
mais qui ouvrent l'espace des images
mais qui structurent, même très discrètement, l'album.
il peut s'enrichir des échanges avec l'illustrateur et avec l'éditeur (même si c'est parfois pour se resserrer encore !)
jeudi 20 janvier 2011
Parole première
Extraits
Parole première
Ouvrir
Chaque pas
N’être
Avec lui
Petites séparations
Moitié humain ?
Rencontre
lundi 10 novembre 2008
Une citation
vendredi 22 août 2008
Je rentre chez moi, voilà la vraie vacance, des moments d’écriture.
J’ai planté un liquidambar à ma fenêtre, je vois les saisons à travers ses feuilles, depuis moi aussi je passe des journées dans un arbre. Un cadre est posé en face mais avec le reflet, on ne voit plus la photo, seulement un mouvement de feuilles. Il se transforme en nouvelle fenêtre, le mur s’ouvre sur une forêt.
Je ne suis jamais seule quand j’écris. Les mots entre les jours se posent et de chacun j’entends le bruit. Je ne suis pas pressée quand j’écris. Je ne pourrai nulle part être mieux qu’ici, à voyager.
vendredi 6 juin 2008
Une citation
écrire pour retoucher, revoir, réparer, rectifier, réajuster, recomposer.
écrire pour revenir. Encore et toujours.
Pour rendre visite aux balbutiements, aux fissures, aux tremblements, aux
éblouissements.
Etre pile là où on a perdu la voix.
Colette Fellous
jeudi 10 avril 2008
Entretien sur Ricochet
Réalisé en Décembre
CA : Quel est votre parcours ?
CL : J’étais une enfant réservée qui vivait par les livres. Très tôt, j’ai été éblouie par la force de la langue, par la poésie et par la magie des mots (Colette, Giono vers 12 ans) J’ai découvert qu’au-delà de l’histoire la langue elle-même nous portait, qu’à elle seule, elle créait tout un monde. Je me suis ensuite intéressée à la psychanalyse et je suis devenue psychologue. L’écriture était là, en sourdine.
CA : Quand avez-vous commencé à écrire ?
CL : J’ai écrit mes premiers poèmes lorsque j’avais dix ans. Pendant longtemps, j’écrivais peu et je montrais peu, puis j’ai obtenu, sur manuscrit, le prix de Poésie Jeunesse 1 999 et le Dé Bleu a publié des étoiles sur les genoux. Cela a été un déclencheur.
CA : Pourquoi ce choix d’écrire pour la jeunesse ?
CL : Mon premier roman, Le problème avec les maths, a d’abord été publié dans une collection adulte aux éditions du Rouergue (avant d’être réédité en 2007 chez Actes Sud Junior). C’est par cette maison d’édition que j’ai découvert l’univers de la littérature jeunesse. Je leur ai proposé mon premier texte d’album, Ma mauvaise humeur. J’ai continué ensuite à écrire pour la jeunesse. Je cherche les moments ou je peux retrouver l’esprit d’enfance, l’étonnement devant le monde.
CA : Comment travaillez-vous ?
CL : Je pars d’une phrase qui me vient, plutôt que d’un « sujet » Ce sont les mots qui me guident, qui entraînent l’idée. Ils m’apparaissent souvent comme la voix d’un personnage que je développe ensuite. Dans mes textes, j’essaie de trouver ce qui est difficile ! Un équilibre entre légèreté et gravité.
CA : Quelles sont vos sources d’inspiration ?
CL : Je m’intéresse aux passages, aux mutations, aux ouvertures. Par exemple dans Rester vivante, Jo, la narratrice, tente de sortir d’une angoisse intense pour aller vers les autres. L’un de mes thèmes important est l’accès à la parole. Dans Ma couleur, le jeune Fathi essaie de trouver des mots singuliers pour parler de sa couleur et de ses parents qui se séparent. Comment accepter d’être ce que l’on est ? Comment supporter les autres ? sont des questions qui sont souvent à l’origine de mes textes.
CA : Comment se passe la collaboration avec les illustrateurs ?
CL : J’aime beaucoup la littérature jeunesse car elle permet justement cette collaboration. Le texte rencontre l’univers d’un illustrateur, c’est souvent un émerveillement. Les mots provoquent une création de l’illustrateur qui, en retour, ouvre à l’auteur de nouvelles perspectives. Aux éditions Où sont les enfants ? C’est une collaboration active, intense avec des discussions et des échanges. C’est vraiment un livre qui s’invente à plusieurs, avec l’éditeur Tieri Briet. (Litli sort en mars) Dans les autres maisons d’éditions, je découvre les planches au fur et à mesure ou parfois tout à la fin, comme le travail d’Olivier Thiébaut, par exemple, qui est magnifique, pour Viens, on va chercher un poème chez Sarbacane.
CA : A quelles occasions rencontrez-vous votre public ?
CL : je fais très peu de rencontres car j’ai peu de temps et j’ai besoin de me concentrer sur l’écriture. Je reçois des messages, je fais quelques signatures. Dans mon travail, j’écoute les enfants (et j’en ai eu aussi 3) !
CA : Combien de livres écrivez-vous par an ?
CL : C’est en 2007 et en 2008 que j’ai publié presque tous mes livres jeunesse, une quinzaine, mais je les avais écrits parfois cinq ans avant. Je travaille surtout sur des formes brèves, des nouvelles par exemple que je regroupe en recueil. Quand j’ai le temps, entre deux albums, j’écris des romans !
CA : Un mot ou une expression qui vous caractérise le mieux ?
CL : Un lecteur m’a envoyé un message en qualifiant mon écriture de « fragilité exacte ». J’aime bien cette expression.
CA : Vous m’avez montré un article du quotidien Le monde « Un âge vraiment pas tendre » datant du 30 novembre 2007, qu’en pensez-vous ?
CL : Les adolescents ont droit à autant de vérité que les adultes. La vie n’est pas toujours tendre. Ce qui compte, c’est la force littéraire d’un texte. Elle fait apparaître l’émotion tout en créant une distance, et permet ainsi de faire face à ce qui autrement pourrait submerger. Elle révèle la singularité de chacun, sa différence à respecter, tout en permettant de rejoindre ce qui est commun à tous.
C’est précieux, indispensable, c’est à défendre et surtout pas à laisser se dissoudre dans un formatage rampant !
Une photo de Sylvie Bonnet

Noir, rouge et blanc
la ville sur les épaules
mais le coeur résiste
lundi 11 février 2008
Plaisirs et pièges de la publication
Et la publication ? (suite au message ci-dessous)
(C’est complexe car pour moi, c’est aussi dans l’adresse à l’éditeur que l’écriture s’approfondit. Souvent, une fois que je sais que le texte va être pris dans une maison d’édition, j’ai de nouveau envie de le retravailler).
L’aspect financier compte aussi, il peut entraîner une soumission aux impératifs commerciaux. Je préfère avoir moins de temps pour écrire et un revenu salarié pour ne pas dépendre des publications pour vivre.
« Le service après-vente » sollicite aussi l’auteur et détourne du temps (déjà court !) qui reste pour écrire. J’évite autant que possible…
Il est inerte pour moi désormais, contrairement au texte vivant en train de s’écrire, il me parait étranger.
Lacan parlait de poubellication.
C’est la ponctuation d’un moment, mais tout bouge, tout change, c’est ailleurs qu’il faut chercher.
Les 3 bonheurs de l'écriture

Ta question, Tieri (voir commentaires pour On va chercher un poème) est intéressante mais difficile... En y repensant, elle me fait percevoir les trois bonheurs de l’écriture
Parfois, je cherche longtemps et aucune idée ne vient. Je reste avec un désir d’écriture lancinant et sans contenu. Parfois, (mais c’est peut-être le résultat de l’attente préalable) sans que je cherche, une phrase surgit. C’est le point de départ de mes textes, une phrase. Les mots d’abord, toujours, s’assemblent entre eux et entraînent l’idée. Je n’écris pas à partir d’un sujet, j’écris à partir de ce qui me traverse, des mots qui me viennent, avec leurs couleurs et leurs sonorités particulières. Ils m’apparaissent souvent comme la voix d’un personnage. Cette première phrase, c’est le premier bonheur de l’écriture. (d'ailleurs partir des mots et non d'un sujet me situe plus du côté des poètes que des romanciers.)
Ensuite le texte se déploie (souvent assez brièvement chez moi ! ) je cherche alors à en savoir plus sur le personnage, sur l’atmosphère liée à la première phrase. Tout peut s’arrêter au bout de quelques lignes, de quelques pages. Quand je découvre brusquement vers quoi va mon texte. C’est le deuxième bonheur de l’écriture, peut-être le plus grand. Le mouvement du texte apparaît, ce qui était indistinct trouve sa forme. Ce qui cherchait à se dire se canalise, devient transmissible.
Le troisième bonheur, c’est de retravailler l’écriture. J’aime cette activité artisanale, ce contact avec les mots, ce travail de précision (pour moi, c’est au fur et à mesure de l’écriture et à chaque relecture ensuite) Je ne suis plus devant le vide, c’est une matière à peaufiner, elle existe.
Pour « On va chercher un poème », j’avais d’abord écrit un autre poème, plus long, plus complexe, plus difficile à écrire mais peut-être pesant finalement et puis, rapidement est venu ce petit texte, plus simple, plus léger, plus direct, comme un condensé du travail antérieur.
le titre vient en cours d'écriture, généralement à la fin, jamais au début. il est souvent extrait d'une phrase du texte qui m'apparait en donner l'esprit
Tout cela est peut-être différent pour toi ?
vendredi 19 octobre 2007
Où sont les enfants ? l'invention des livres
Avant de travailler avec OSLE, je n’imaginais pas que la photo puisse être aussi inventive pour illustrer un texte. Elle peut, autant qu’un dessin et parfois plus, faire appel à l’imaginaire, introduire ombre et lumière entre les mots.
Dans cette maison d'édition, l’échange commence dès la première image de l’album. La première photo, quelle découverte, quel choc ! Le regard du photographe s’allie à la voix de l’auteur. Le texte en est conforté, reconnu et aussi mis en mouvement, recrée, interprété. Chacun apporte son univers et peu à peu la rencontre s’approfondit.
Ce travail est encore en cours pour La classe de madame Lampion et les lettres qui piquent, deux albums en préparation avec Angelle et Séverine Thévenet. Travailler à plusieurs crée une dynamique. Les remarques, les questions font naitre des idées neuves.
Pour Litli l’expérience a été entièrement nouvelle pour moi. Ce n’est pas le texte qui était à l’origine du projet. Les photos de Séverine avaient déjà construit une histoire, le livre était quasiment achevé. Il s’agissait de poser quelques mots sur quelques pages. Trouver une résonnance en moi de ces images sans dénaturer la construction ni la paraphraser, quel travail délicat et qui aide à comprendre ce qu’ont à faire habituellement les illustrateurs !
Je ne résiste pas au plaisir de remettre ici la première photo des lettres qui piquent
