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lundi 27 juin 2011

Si loin, si près

Merci Laurent pour ton soutien ! 

Si vous ne le connaissez pas encore, allez voir le très beau blog, immemory 

Laurent Prum  habite le temps en  posant son regard   sur des choses belles , fortes, simples  qu'il partage généreusement. 



merci aussi à L'Antre des mot, un blog de lectrices passionnées, à découvrir. 


"Si loin, si près" de Catherine Leblanc



4e de couverture :
Si loin, si près de sa jeunesse, des autres, de soi-même… Avec le temps, travailler, vivre, aimer ne devient pas plus facile. A quelle distance se tenir ?
En 2009, année de crise. Adèle, Luca, Etienne et Carole se croisent à Angers. Le feu prend au château et dans leurs vies.

p.113 :« Angers est une ville qui se tient, qui ne déborde pas. Pourtant la Maine parfois ou la Loire aux Pont-de-Cé sortent de leur lit. Angers est une ville tempérée, toujours désignée par sa douceur. Angers reste belle et blanche, sage et bourgeoise. Pourtant des appartements sous les toits et même le château brûlent. Angers est une ville où on passe sans s’arrêter. On la traverse pour aller vers la mer ou vers les châteaux de la Loire. Angers est sans danger, croit-on. Elle a cette réputation d’eau qui dort. On lui préfère Nantes et son port. Pourtant on croit être indifférent et on s’attache. Angers ne manque pas d’air. (une verrière à la place du toit d’une église et quel bleu !). On respire dans les jardins. Le vent de l’océan brasse les arbres. Angers a ses lumières. Angers a ses surprises. C’est la ville où Adèle vit. »

La lecture de ce livre, d’une traite, ce dimanche même, m’a fait le plus grand bien et en le refermant j’ai pensé à une citation : « le pire n’est jamais sûr ». Tout change, tout peut basculer, rien ne dure. Et puis aussi j’ai eu la confirmation de l’unicité d’une rencontre, son irremplaçable identité singulière.

Les phrases sont courtes, les mots sonnent justes, le style file, agréablement.

L’auteur*, psychologue pour enfant, a publié une quarantaine de livres en littérature générale et en jeunesse. A la lecture de son livre « Fragments bleus », un beau roman sur la question du temps qui passe auprès de son compagnon depuis 30 ans, j’ai appris qu’elle habite non loin de chez moi. Je la sens douce, poète.

Dans « si loin, si près » j’ai suivi les protagonistes comme dans un film car les rues, les cafés, les ponts me sont familiers. Amies angevines de l’Antre des mots, lisez ce livre, saisissant de vérité sur les sentiments humains qui nous lient 

lundi 2 mai 2011

"Si loin, si près"dans Poésie Première

Un grand merci à Jacqueline Persini-Panorias pour sa très belle note de lecture, qui va paraître en juin dans la revue Poésie première.

Si loin, si près, Catherine Leblanc, éditions du petit Pavé, 205p, 16 E.

En l’année 2009, année de la crise, à Angers, des histoires de couple s’entrecroisent  avec leur cortège de désamours, le risque de perdre l’autre et soi, le sentiment d’échec et de désastre. Mais l’étincelle du désir de vie reste présente, métaphorisée peut-être par les nombreux incendies qui figurent dans le roman. Jusqu’à cette petite fille aux allumettes qui veut à tout prix conserver la flamme de l’espérance, quitte à mettre le feu à une remise. Vie et mort, création et destruction s’inscrivent dans la flamme du désir. Le sentiment de précarité, la perte à tout instant de ce qui est essentiel et donne sens au monde sont présentifiés dans les personnages, en particulier celui d’Adèle.
Précarité  aussi dans le registre du social où devant la violence, l’injustice, la brutalité d’une intervention policière, un demandeur d’asile affirme : « J’ai honte de ce pays, heureusement que mon fils ne naîtra pas ici. »
Dans la sphère de l’intime, pour se préserver illusoirement de la perte, comment trouver la bonne distance entre « le désert et l’incendie, entre « l’absence et l’asphyxie » ? Comment choisir entre « exister trop » ou « pas assez » ? Dans le plus profond désastre, la plus noire solitude, qu’est-ce qui permet de garder ou créer cette petite flamme indispensable à la vie ? Peut-être tenter de ne s’accrocher à rien, de savoir que le lien avec soi, avec les autres persiste au delà de la plus grande désespérance.
Des phrases simples et rythmées, des mots délicats, justes, précis campent une situation, donnent voix sensible  aux personnages. L’écriture de fragments permet de rapides déplacement d’un univers à un autre. Pas d’inertie, d’ennui mais les mouvements d’un vivant qui trouve toujours une allumette à craquer, à partager avec d’autres. Les blancs donnent un silence à la folie du monde, la possibilité de reprendre souffle, de respirer dans les flux et reflux des vies. Les cheminements complexes d’Adèle nous émeuvent, du noir de la détresse au grand soleil de l’amour et à celui de la solitude choisie et assumée. « Elle allait continuer, juste sentir, instant après instant le mouvement de sa vie. Elle inventerait quelques livres, elle irait à la rencontre de son fils, de ses amis, des gens sur son chemin. Elle essaierait de se traiter avec beaucoup de douceur et pas trop d’importance. »
 Avec simplicité et modestie, C. L. déploie les questions vitales de l’humain sans peser sur le lecteur qui a le temps de les laisser résonner en lui, de les prolonger par ses propres échos. Quand lâche la douleur, accepter d’être seulement « quelqu’un qui regarde le printemps », « qui n’attend rien d’autre que l’instant même » et  parfois se rencontre alors la beauté du monde. Celle du livre de C.L.

lundi 11 avril 2011

Si loin, si près

Merci Mirontaine ! DSC_0004.JPG
Nous sommes en 2009, l'année de la crise. Adèle a quarante-six ans, elle est directrice de collection pour une petite maison d'édition. Elle habite la ville lumineuse d'Angers. Elle vit seule depuis sa séparation avec Luca et son fils Bruno a quitté l'appartement. Elle s'habitue à la solitude. La crise bouleverse le monde et celui d'Adèle s'effondre lorsque sa chef Florence lui annonce son licenciement. Au-delà de la désespérance, Adèle s'accroche à la vie. Ce personnage qui au fil des pages nous semble de plus en plus familier a un profond désir de vivre. L'ardeur de son désir ponctue ce roman de mille feux métaphorisés par les nombreux incendies. Adèle est un personnage sensible, on l'accompagne au fil des jours dans ce monde de la précarité, de l'injustice où la violence et la perte s'entremêlent. Catherine Leblanc possède cette délicatesse des mots pour soulever des questions qui font  échos dans nos propres vies.
Formidable roman sur une femme « qui n'attend rien d'autre que l'instant même ». Cet instant comme la plus belle étincelle de vie nous emporte tout au long du roman.
Je remercie Catherine Leblanc pour l'envoi de ce livre et les Editions du Petit Pavé.

jeudi 17 mars 2011

Si loin, si près

Merci Cathulu ! 

Si loin, si près

"Il existait des liens secrets, des ferveurs en partage."
Adèle a quarante six ans mais "Elle n'avait pas seulement son âge mais tous ses âges empilés coexistant, 20 ans parfois, 35 le plus souvent et même 60, certains jours...Tous étaient présents à des degrés divers, se manifestant par surprise."
Premières phrases du livre et d'emblée Adèle nous devient familière. Nous ne pourrons plus la quitter au fil de cette année 2009 , année de crise qui verra tant de bouleversements dans sa vie, d'incendies ,aux sens propre et figuré.catherine leblanc,femme
A quelle distance se tenir des gens qu'on aime, de ceux que l'on croit être ses amis ? Faut-il profiter de sa solitude ou faire un pari sur l'avenir et sur les autres ?
Confrontée à différents accidents de la vie, qui pourraient nous arriver à tous, Adèle avance en tâtonnant, ploie ,mais toujours se relève et finira par essayer "de se traiter avec beaucoup de douceur et pas trop d'importance." On retrouve ici avec bonheur la prose lumineuse de Catherine Leblanc, qui scrute avec acuité et bienveillance  aussi bien la ville d'Angers, où se déroule l'action (et la description qu'elle en fait donne tout de suite envie d'aller se plonger dans les lumières de cette ville)  que les aspirations de son héroïne : "un espace libre de tout jugement, surtout du sien." Un roman que je n'ai pu lâcher, sauf pour en corner de multiples pages... 
Si loin, si près Catherine Leblanc, Editions du Petit Pavé 2011, 202 pages pleines d'émotion, à savourer.

jeudi 10 février 2011

Un livre en fabrication

Il part chez l'imprimeur aujourd'hui ! Voilà, il commence sa propre vie...

La couverture vient d'une étonnante rencontre :  Raphaële Portier m'avait généreusement proposé de choisir une de ses peintures, et je me suis arrêtée sur l'une des premières de   la série des "Mégalithes" . J'ai appris alors que cette toile s'appelait...."Si loin si près "  ce qui était déjà le titre de mon roman !

Allez voir le travail de Raphaële, c'est un beau voyage.