lundi 11 février 2008

Les 3 bonheurs de l'écriture


Ta question, Tieri (voir commentaires pour On va chercher un poème) est intéressante mais difficile... En y repensant, elle me fait percevoir les trois bonheurs de l’écriture

Parfois, je cherche longtemps et aucune idée ne vient. Je reste avec un désir d’écriture lancinant et sans contenu. Parfois, (mais c’est peut-être le résultat de l’attente préalable) sans que je cherche, une phrase surgit. C’est le point de départ de mes textes, une phrase. Les mots d’abord, toujours, s’assemblent entre eux et entraînent l’idée. Je n’écris pas à partir d’un sujet, j’écris à partir de ce qui me traverse, des mots qui me viennent, avec leurs couleurs et leurs sonorités particulières. Ils m’apparaissent souvent comme la voix d’un personnage. Cette première phrase, c’est le premier bonheur de l’écriture. (d'ailleurs partir des mots et non d'un sujet me situe plus du côté des poètes que des romanciers.)

Ensuite le texte se déploie (souvent assez brièvement chez moi ! ) je cherche alors à en savoir plus sur le personnage, sur l’atmosphère liée à la première phrase. Tout peut s’arrêter au bout de quelques lignes, de quelques pages. Quand je découvre brusquement vers quoi va mon texte. C’est le deuxième bonheur de l’écriture, peut-être le plus grand. Le mouvement du texte apparaît, ce qui était indistinct trouve sa forme. Ce qui cherchait à se dire se canalise, devient transmissible.

Le troisième bonheur, c’est de retravailler l’écriture. J’aime cette activité artisanale, ce contact avec les mots, ce travail de précision (pour moi, c’est au fur et à mesure de l’écriture et à chaque relecture ensuite) Je ne suis plus devant le vide, c’est une matière à peaufiner, elle existe.

Pour « On va chercher un poème », j’avais d’abord écrit un autre poème, plus long, plus complexe, plus difficile à écrire mais peut-être pesant finalement et puis, rapidement est venu ce petit texte, plus simple, plus léger, plus direct, comme un condensé du travail antérieur.

le titre vient en cours d'écriture, généralement à la fin, jamais au début. il est souvent extrait d'une phrase du texte qui m'apparait en donner l'esprit

Tout cela est peut-être différent pour toi ?

4 commentaires:

nicole a dit…

Je suis d'accord avec Tieri, ce n'est pas donné à tout le monde de pouvoir dégager d'un texte un titre porteur, parlant et accrocheur!!

Il y a des personnes qui exellent dans cet art et d'autres qui se sentent tellement incapable et vide face à cette recherche...malgré le bonheur d'écrire...
Pour moi je m'exprime par le texte et le titre....je m'y sens presque étrangère...c'est un sentiment très désagréable de vivre cette forme d'incompétence...
Enfin, pour mon livre "Petit Pingouin" et "Crokodou" je pensais que l'éditeur allait trouver un beau titre bien ronflant(se reposer sur les autres, c'est tellement plus facile!)...
mais elle a été au plus simple!
Quand j'y pense je rigole encore toute seule!

Catherine a dit…

mais le plus simple n'est pas le mauvais ! bien au contraire...

arriver à la simplicité est tout un art...

Tieri a dit…

Catherine merci pour ta réponse en ampleur.
En racontant le bonheur d'écrire tu provoques un quatrième bonheur, celui de te lire.
Mais pour te répondre écrire n'est pas vraiment un bonheur, plutôt un affrontement, un combat qui dure et où il faut s'acharner.

Catherine a dit…

C'est vrai, les moments que je décris sont une ponctuation dans un effort, un combat, un désert parfois...
C'est pourquoi j'emploie le mot bonheur, qui peut paraitre trop fort, mais qui est vrai pour moi, tant le contraste avec les difficultés habituelles est grand !