jeudi 21 avril 2011

Petite pluie

petite histoire pour les enfants du printemps


Petite pluie a les  joues fraîches, des yeux gris aux reflets changeants, de très fins cheveux verts descendant sur son front et autour de son visage.
On l’appelle Petite pluie. Elle est la plus petite de sa famille, la septième enfant.
Elle se faufile entre les jambes de ses parents et de ses frères et sœurs. Elle dort avec une couverture légère comme un nuage. Elle mange dans une petite assiette en forme de soleil, assise sur plusieurs coussins.

Parfois les  grands se disputent mais Petite pluie a un don, elle invente une musique avec ses pieds et tout le monde se calme.
Dès que Petite pluie danse, une vague de fraîcheur arrive. Elle fait tourner sa robe bleue et une odeur d’herbe se répand autour d’elle.

Quand ses frères et sœurs sortent rejoindre leurs amis, Petite pluie explore la maison. Elle ouvre les placards et fait du vent dans les habits, elle se glisse derrière les rideaux pour inventer une robe transparente, elle joue à la luge dans le couloir, elle monte l’escalier en s’appuyant sur ses coudes pour passer les marches. Elle transforme le lit de ses sœurs en trampoline. Elle tambourine sur l’aquarium du poisson rouge.

Au bout d’un moment, elle connaît par cœur toutes les pièces de la maison et voudrait jouer dans le jardin.  
Elle demande :
– Maman, je peux sortir ?
– Non ma chérie, pas sans moi.
Petite pluie lève la tête le long des jambes de sa maman, de son ventre, de sa poitrine et parvient enfin au visage.
– Mais pourquoi ?
– Le chat des voisins pourrait t’attraper et puis tu risques de te perdre dans les buissons.
– Mais maman, je sais me débrouiller !
– Pour l’instant, je préfère que tu restes dans la cuisine. On sortira ensemble tout à l’heure…

Petite pluie, mécontente, s’assoit par terre, à côté du pot de ciboulette. Elle est toujours obligée d’attendre sa mère. Elle regarde dehors par la fenêtre, les feuilles remuent dans le soleil, mais elle n’a pas le droit d’aller danser sur l’herbe. Elle s’ennuie.
Elle s’aperçoit que si elle bouge ses doigts assez vite, ils scintillent.
Elle montre à la ciboulette, à côté d’elle, comment elle fait miroiter la lumière. Elle remarque alors que la plante grandit légèrement.
Étonnée, Petite pluie recommence et la ciboulette s’allonge encore. Fière de sa découverte, Petite pluie continue jusqu’à ce que la plante arrive à son épaule.
Au début, sa mère trouve ça très bien d’avoir un peu plus de ciboulette, c’est encore un don de Petite pluie.

Après une promenade dans la forêt, ses frères ramènent quelques graines collées sous leurs chaussures. Elles se déposent sur le sol du salon. Petite pluie les aperçoit et fait scintiller ses doigts. Des brins d’herbe poussent entre les lames du parquet.

Très contente de son nouveau jeu, Petite pluie fait sans arrêt miroiter la lumière. Des lianes se développent et grimpent le long des murs.
Les parents les arrachent mais elles reviennent, s’emmêlent dans les rideaux, couvrent les cadres et atteignent les lampes du plafond.
Des lierres montent sur les armoires. Des fougères grandissent entre les lits. Les frères et sœurs se plaignent, ils sont envahis, ils n’ont plus de place pour poser leurs affaires.

Un arbre pousse au milieu de la maison. Petite pluie le trouve très beau. Il déploie ses branches. Elle demande à son frère de l’aider à monter dedans. Il la soulève, monte sur une chaise et la dépose à la cime.
Petite pluie le remercie, elle est contente entre les feuilles. Elle voit tout le monde de haut. Les grands lui paraissent petits, elle rit en les voyant s’agiter. Ils essaient de lutter contre la végétation.
Des fleurs sauvages apparaissent sur les étagères, des mauvaises herbes poussent dans les tiroirs. Sa mère rouspète :
- Tu exagères Petite pluie !

Elle continue car c’est vraiment amusant. Elle veut rester dormir dans l’arbre. Elle décide de le faire grandir assez pour qu’il traverse le toit et qu’elle puisse voir les étoiles.

Son père lève la tête et dit :
– Ce n’est plus possible que tout pousse comme ça dans la maison ! Désormais, Petite pluie, tu iras jouer dehors et tu feras scintiller tes doigts seulement sur la pelouse. Toutes les fleurs que j’ai plantées en profiteront.

Petite pluie descend de l’arbre et sort pour la première fois toute seule.
Toute la famille la regarde. Petite pluie avance fièrement dans le jardin pour découvrir son nouveau royaume. Il est plein de couleurs, de parfums et d’animaux mystérieux, des vers de terre, des coccinelles, des papillons.
Elle aperçoit le chat du voisin mais elle se sent prête à le dompter. Dès qu’il la voit, il s’enfuit. 

3 commentaires:

Gerdur a dit…

Chère Catherine,

je suis une femme islandaise qui habite à Lyon (Croix-Rousse). J'aimerais achète le livre Litli, pour donner à le Maternelle de ma fille. Je ne trouve pas le livre dans une librairie ici à Lyon. Est-ce que vous savez où je peux trouver le livre?

Cordialement,
Gerdur
gerdurjons@gmail.com

Coralie Colorie a dit…

C'est une bien jolie histoire !

Ani a dit…

merci pour cette pluie de jolis mots qui font grandir la vie...
belle métaphore